Naissance et
évolution de la photographie
Devoir n°1 :
La demande : Une analyse comparée
Choisissez deux autoportraits connus : l’un en peinture ou en dessin (Van Gogh, Rembrandt, Bacon, etc.), l’autre en photographie (Nadar,
Gisèle Freund, etc.). Répondez ensuite aux questions qui suivent.
Questions :
1 .Complétez à l’aide de quelques mots ou notions
le tableau suivant :
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Désignation
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Document 1
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Document 2
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Nature du document
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Photo polaroïd
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Tableau sur toile
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Sujet
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Autoportrait d’Andy Warhol
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Autoportrait de Nicolas Poussin
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Technique
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Instantané sur polaroïd
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Gouache sur toile
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Cadrage
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Désordonné
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Structuré
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Angle de vue
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Face et approché
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Latéral droit légèrement décalé
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Composition
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Contradictoire
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Equilibrée
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Lumière
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Dominance blanche
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Dominance feutrée
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Décor
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Néant
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Pierre tombale
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Accessoires
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Perruque, maquillage
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Livre et porte-plume
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Attitude / expression
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Angoissé, sensuel et profond
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Sérénité teintée d’inquiétude
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Couleurs ou valeurs de gris
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Blanc, rouge, noir
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Marron, ocre et noir
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Matière / texture
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Photo polaroïd
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Toile
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1. Faites une synthèse objective des similitudes et des
différences entre les deux œuvres en vous appuyant sur le tableau rempli question 1.
Conclure par une étude de leurs connotations expectives (d’une manière plus subjective, quels sentiments, quelles sensations se dégagent de ces
deux œuvres, quelles images les artistes donnent-ils d’eux même, etc.)
La synthèse doit être sous forme d’une dissertation organisée de deux pages maximum.
Critères de notation :
- Sens de l’orientation ;
- Effort de synthèse ;
- Effort de réflexion ;
- Syntaxe.
Document n°
1 :
Andy Warhol, Autoportrait en travesti
(1981).
Document
n°2 :
Nicolas POUSSIN Autoportrait (1649)
Introduction :
J’ai choisi ces deux autoportraits, l’un réalisé par Andy
Warhol (1981) prise avec un polaroid et l’autre celui de Nicolas POUSSIN peint en 1649.
Autres époques, autres mœurs, autres techniques. Trois
siècles séparent ces deux autoportraits et ce qui me paraît intéressant c’est de voir que le regard de l’artiste sur lui-même reste significatif et énigmatique. Il m’a semblé assez prenant
d’essayer de mettre en opposition , ces deux personnages, l’un ayant vécu une époque débridée et l’autre dans un milieu plutôt religieux et pourtant sur ces deux autoportrait, un point commun a
l’air de ressurgir, celui de l’anxiété. L’un est un déluré créatif et l’autre un créatif réfléchi.
Présentation succincte des
personnages (source : Wikipédia):
- Andy Warhol (de son
vrai nom Andrew Warhola), né le 6 août 1928
à Pittsburgh en Pennsylvanie[1] et mort à New York le 22 février 1987 est un artiste américain, figure centrale du Pop Art, dont il est l'un des pionniers. Warhol est connu dans le monde entier par son travail de peintre, de
producteur musical, d'auteur, par ses films d'avant-garde, et par ses liens avec les intellectuels, les célébrités de Hollywood ou les riches aristocrates. Bien que le travail de Warhol reste controversé, il a été le sujet de
multiples expositions, de livres, et de films depuis sa mort. Warhol est généralement reconnu comme l'un des artistes les plus connus du XXe siècle.
- Nicolas Poussin, né au hameau de Villers, près des Andelys, le 15 juin 1594, décédé à Rome
le 19 novembre 1665, est un peintre
français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural. La richesse
de ses compositions et la beauté de ses expressions l’ont fait surnommer Le peintre des gens d'esprit. Il recherchait le bon goût de l'antique en y associant quelquefois ou en y ramenant
les formes de la nature et celles de l'art
Points de
convergences :
La densité de l’expression des regards, leurs
interrogations, leurs profondeurs :
- Quelque part, je ressens un questionnement de chaque modèle, plus dur et direct de la part d’Andy Warhol, plus tendre et posé de la part de Nicolas
Poussin.
L’absence
ou le dénuement du décor, la simplicité de l’arrière plan :
- Sur le Polaroïd d’A.Warhol, le décor est
totalement inexistant, ce qui permet de mieux mettre en valeur l’objet principal de la photo, c'est-à-dire lui-même.
- Sur le tableau de N.Poussin, le fond du
tableau reste assez sobre, juste orné d’une plaque funéraire (à son nom), d’une couleur ocre foncée qui met en valeur un sentiment de
résignation.
L’utilisation des
accessoires :
- Les artifices utilisés par A. Warhol pour souligner son côté androgyne, perruque avec une chevelure rebelle,
maquillage et faux-cils qui appuient la profondeur de son regard et qui mettent en valeur l’expression de ses yeux bleus gorgés d’espoir, rouge à
lèvres sensuel et méticuleusement dessiné qui appelle au désir et cravate bariolée avec prédominance rouge qui souligne son appartenance au monde
masculin.
- Les
artifices utilisés par N.Poussin restent à l’image du tableau, sobre et significatif. Un livre tenu fermement de la main droite et un porte plume
tenu délicatement de la main gauche, mon interprétation personnelle étant les symboles de la création (le porte plume) et celle du savoir (le livre).
Points de
divergences :
Le
sourire :
- On
pourrait, à première vue penser que le sourire des deux protagonistes soit totalement en contradiction, celui d’A. Warhol étant sensuel et féminin, alors que celui de N.Poussin, rehaussé d’une
fine moustache soigneusement taillée, plutôt à l’image d’un homme élégant.
- Le sourire
d’A.Warhol est d’une beauté froide, malgré le rouge transparent et brillant, il exprime à mon point de vue un certain désarroi et de passivité négative, je ne ressens aucune sensation de bonheur,
plutôt une certaine craintive résignation.
- Le sourire
de N.Poussin, reflète plutôt une certaine douceur énigmatique et interrogative. On peut s’imaginer qui exalte un sentiment de quiétude en attendant une sombre destinée (soulignée par l’ambiance
mortuaire de l’autoportrait !).
L’arrière
plan :
- Le
polaroïd d’A. Warhol étant dénudé de décors avec l’autoportrait posé sur un fond blanc, est-ce le symbole de la pureté qui serait conflictuel avec le message d’un sombre désir évoqué par son
travestissement ?
- L’autoportrait de N.Poussin est posé sur un décor sobre, juste orné de sa plaque funéraire où sont gravés quelques mots. L’arrière plan apporte un équilibre
de couleurs en opposition aux habits sombres portés par l’auteur, cet équilibre est mis en valeur par un rappel nuancé en harmonie avec la couleur des accessoires et des mains.
Les couleurs :
- A.Wahrol,
à mon humble avis, a voulu jouer avec des couleurs basiques, le blanc, le rouge et le noir, pour accentuer l’angoisse et la crainte de son
personnage. Est-ce la peur de basculer dans un monde qu’il ne maitrise pas ? Est-ce l’appréhension de l’acceptation d’une propre vérité ?
- A
l’opposé, N.Poussin, s’est installé dans un registre sombre, où rayonne la luminosité des couleurs du visage et des mains, ce qui crée une harmonie. Est-ce pour signifier que malgré l’acceptation
d’une fin incontournable, son feu intérieur et sa pensée artistique resteront au Panthéon artistique ?
Le
visage :
- Pour
A.Wahrol, par l’adjonction d’un fond de teint blanchâtre, a du vouloir, accentuer ses traits anguleux,
peut-être pour mettre en opposition la féminité de son visage et la réalité de sa masculinité.
- A
l’opposé, Nicolas Poussin, nous offre une certaine rondeur qui sied à sa bonhomie apparente, les joues sont rebondies, les rides absentes et une certaine sérénité émane de son
visage.
Attitude
:
- L’attitude
générale d’A. Warhol, me fait penser à un être fragile, tourmenté, peut-être encore à la recherche de sa véritable identité. D’après les différentes descriptions lues sur Warhol, beaucoup
d’écrivains le décrivaient comme un être narcissique, perturbé ! Son ancrage dans son époque fait d’Andy Warhol un artiste à
part entière qui possédait un regard avant-gardiste et brillant sur notre société actuelle : voyeuriste, inquiet par la vieillesse et la mort, narcissique, cupide, et autres. Il a définitivement
réussi à exorciser ces états d’âme en réalisant son œuvre, et à en faire une vraie activité lucrative.
- La posture
de N.Poussin fait ressortir une atmosphère de quiétude, mélangée avec un brin d’anxiété, elle est posée, mais reste discrète. Elle me semble assez révélatrice du caractère du personnage qui a
beaucoup travaillé sur des sujets mythiques.
Conclusion :
En travaillant sur ces deux autoportraits, je me suis demandé si ces deux personnages auraient pu être en relation, s’ils avaient vécus à la
même époque ?
Sincèrement je ne crois pas, A. Warhol étant un instinctif, fréquentant le milieu du Pop Art
Newyorkais, avec dérives artificielles ce qui a pu être moteur dans la création de ses œuvres et Nicolas Poussin, plus attiré vers la dévotion.
Cela peut paraître osé comme rapprochement, mais leurs propres autoportraits restent très révélateurs de leurs états d’esprits. Certes les
moyens d’expressions et les valeurs humaines de leurs époques respectives ont très peu de points communs, mais ce sont avant tout des artistes reconnus et qui resteront dans la postérité
artistique.
En aucun cas, je me permets
d’apporter des jugements de valeur sur le génie de ces hommes, mais j’ai simplement voulu décrire mon ressenti
par rapport au travail demandé.